Jihane Lahssini

Une jeune lauréate de l’École d’Architecture et de Paysage de Casablanca

La nouvelle génération de paysagistes marocains s’affirme progressivement à travers des projets qui interrogent le rôle des espaces verts dans les villes contemporaines. Parmi ces jeunes talents figure Jihane Lahssini, lauréate du Master en Architecture de Paysage de l’École d’Architecture et de Paysage de Casablanca.

À travers son projet de fin d’études, elle propose une réflexion ambitieuse sur l’intégration des technologies vertes dans les espaces verts urbains. Son travail explore la manière dont l’innovation technique peut enrichir la conception paysagère et contribuer à la transition écologique des villes marocaines.

Pour développer cette réflexion, elle a choisi comme terrain d’étude le Jardin Val d’Anfa à Casablanca, un espace vert urbain situé dans l’arrondissement d’Anfa–Aïn Diab, au cœur d’un quartier résidentiel proche du littoral.

Le Jardin Val d’Anfa : un espace de respiration dans la ville

Implanté au 14 boulevard Driss Slaoui à Casablanca, le Jardin Val d’Anfa s’étend sur une superficie d’environ un hectare. Sa localisation stratégique, à proximité du boulevard de la Corniche et dans un tissu urbain composé de villas, de résidences contemporaines et d’équipements de proximité, en fait un espace public important pour la qualité de vie du quartier.

Dans cet environnement urbain privilégié, le jardin constitue une véritable respiration paysagère. Il offre aux habitants un lieu de détente, de promenade et de rencontre, contribuant à l’équilibre entre densité urbaine et présence de la nature en ville.

La composition paysagère du jardin repose sur une organisation équilibrée associant pelouses ouvertes, massifs arbustifs, plantations ornementales et alignements d’arbres. Ces éléments sont structurés par un réseau de cheminements piétons qui relient différents espaces de repos équipés de mobilier urbain.

Cette configuration favorise une diversité d’usages et accueille une fréquentation variée. Familles, riverains, étudiants et personnes âgées s’y retrouvent quotidiennement, faisant du jardin un lieu de sociabilité et de détente intergénérationnel.

Une approche de paysage durable

Le projet développé par Jihane Lahssini s’inscrit dans une approche de paysage durable. L’objectif de cette démarche est d’explorer comment les technologies vertes peuvent être intégrées dans la conception et la gestion des espaces publics afin d’améliorer leur performance environnementale et leur résilience face aux changements climatiques.

Dans ce contexte, les technologies vertes regroupent l’ensemble des innovations techniques permettant de mieux gérer les ressources naturelles, de réduire l’empreinte écologique des aménagements urbains et de renforcer la relation entre la ville et son environnement naturel.

L’ambition du projet est ainsi de transformer les jardins urbains en infrastructures écologiques actives, capables de contribuer à la gestion de l’eau, à l’amélioration du microclimat urbain et à la biodiversité locale.

Un mobilier urbain innovant pour la récupération des eaux pluviales

Parmi les interventions proposées dans le cadre de ce projet, l’introduction d’un mobilier urbain multifonctionnel constitue l’une des innovations majeures.

Jihane Lahssini a imaginé des bancs paysagers capables de récupérer les eaux pluviales. Intégrés de manière discrète dans la composition du jardin, ces dispositifs collectent l’eau de pluie lors des épisodes de précipitation.

L’eau récupérée est ensuite stockée dans un système intégré et peut être réutilisée pour l’arrosage des plantations environnantes. Cette redistribution peut fonctionner de manière gravitaire ou être reliée à un réseau d’irrigation goutte-à-goutte.

Ce type de solution permet d’optimiser l’utilisation des ressources hydriques, un enjeu particulièrement important dans les villes méditerranéennes confrontées aux périodes de sécheresse.

Une dimension pédagogique et écologique

Au-delà de leur fonction technique, ces dispositifs participent également à une démarche pédagogique. En intégrant visiblement des systèmes de gestion de l’eau dans l’espace public, le projet sensibilise les usagers à l’importance d’une utilisation plus responsable des ressources naturelles.

Le paysage devient ainsi un support d’apprentissage écologique, où design et innovation technique contribuent à diffuser de nouvelles pratiques environnementales.

Cette approche illustre une vision du paysage dans laquelle l’esthétique, la fonctionnalité et la durabilité se complètent pour produire des espaces publics plus résilients et plus adaptés aux défis climatiques contemporains.

Réinventer les espaces verts urbains de Casablanca

À travers son projet consacré au Jardin Val d’Anfa, Jihane Lahssini propose une vision renouvelée des espaces verts urbains. Son travail démontre comment l’intégration des technologies vertes dans les aménagements paysagers peut contribuer à réinventer les jardins de la ville.

Dans cette perspective, les espaces verts ne sont plus seulement des lieux de promenade ou de détente. Ils deviennent progressivement de véritables infrastructures écologiques urbaines, capables d’améliorer la qualité de vie, de renforcer la résilience climatique et de participer à l’identité paysagère de Casablanca.

Ce projet illustre ainsi le potentiel créatif et l’engagement environnemental de la nouvelle génération de paysagistes marocains, dont les propositions ouvrent des perspectives stimulantes pour l’avenir des paysages urbains.

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